TECHNIQUES ET OUTILS

Les pinceaux

Il existe 3 sortes de pinceaux :

Lang Hao : appelés communément « poils de loup ». Ils sont fabriqués à partir de poils de cheval, de renard, de vison, de blaireau, de martre, de porc,… Ce sont des pinceaux rigides, nerveux qui permettent d’obtenir des traits nets et fins.

Lang Hao
Lang Hao
Jian Hao

Jian Hao : pinceaux moins rigides que les Lang Hao. Ils ont une couronne de poils de chèvre (souple) autour d’un cœur en poils de loup (durs)

Jian Hao
Yang Hao
Yang Hao

Yang Hao : pinceaux souples et doux en poils de chèvre (ou de mouton). Ils sont très utiles pour les lavis

 L’encre

Encre noire en bâton recto
Encre noire en bâton verso
Pierre à encre
Encre noire japonaise liquide

 L’encre noire en bâton nécessite une pierre à encre, de l’eau et du temps. Il faut frotter le bâton le temps nécessaire pour obtenir la teinte et la viscosité voulue.

 

 Pierre à encre qui est le support pour frotter le bâton à encre.

 L’encre noire liquide a l’avantage d’être déjà prête. Son utilisation est assez délicate pour obtenir une large palette de nuances. Il faut qu’elle soit de bonne qualité pour qu’elle tienne dans le temps et pour éviter de fuser lors du marouflage.

 Les sceaux

La gravure de sceaux en Chine remonte au IIe millénaire avant notre ère. Les sceaux ont d’abord été, dans l’administration, des symboles et des marques de pouvoir. Mais ensuite, des particuliers ont créé aussi les leurs, et la gravure de sceaux a petit à petit acquis ses lettres de noblesse, surtout à partir de l’invention du papier. A partir de l’époque des Ming (XIVe-XVIIe s.), elle est devenue un art à part entière, au même titre que la calligraphie, la peinture ou la poésie.

Le sceau chinois remonte aux environs du Ve siècle avant notre ère, période où il était indispensable pour rendre exécutoire les actes administratifs. Il est probable que la technique de gravure propre au sceau ait vu son origine dans la gravure sur les carapaces de tortues, qui étaient utilisées en tant qu’oracles divinatoires. Petit à petit, on trouve ces gravures sur le bambou, le bois, l’os et la corne puis sur la pierre.

Sceau lion
Pâte à sceau rouge

Les sceaux sont presque toujours de couleur rouge; on utilise pour cela de la pâte de cinabre, dans laquelle on tamponne le sceau avant de l’apposer sur un support. Le cinabre est un minéral composé de sulfure de mercure et c’est un poison. Il était fort coûteux et certains peintres s’en sont procurés de façon délictueuse. En occident, on en a interdit l’usage au XIXe siècle à cause de sa toxicité. A noter : le cinabre est synonyme du vermillon.

Sceaux Yin
Sceaux Yin
Sceaux Yang
Sceaux Yang

La gravure YIN, où les symboles sont creusés et apparaissent en blanc sur fond rouge lorsque le sceau est apposé.

La gravure YANG, sur laquelle les creux sont marqués en contour des symboles, donnant des caractères rouges sur fond blanc.

Pour ce qui est de la création d’une peinture chinoise, celle-ci ne serait pas complète si elle n’était accompagnée de sceaux judicieusement apposés dans les coins ou les espaces vides. Les sceaux contribuent à l’équilibre de la composition. Ils ont valeur de symbole.

Le papier

Papier Whenzou (Chinois)

 

 

 Les presse papiers sont indispensables pour tendre le papier lorsque l’on peint. Cela évite bien évidemment au papier de bouger et de limiter les plis de la feuille sous l’action de l’eau. Ces presse papiers sont en pierre sombre en provenance de la vallée de She dans l’Anhui.

Presse papier

Le marouflage

Le marouflage consiste à coller du papier sur un support, ici, un autre papier. Pour ma part, ça a été une technique compliquée à apprivoiser et elle n’est pas encore totalement maîtrisée, il y a encore quelques ratés sur les grands formats.

Pour réaliser le marouflage j’utilise le papier Whenzou en rouleau (avec un tube en carton), de la colle papier peint classique et deux brosses.

COLLE : Papier peint

J’ai essayé la colle vinylique mais elle accroche trop le papier qui s’arrache. La colle papier peint doit avoir une consistance de miel liquide, un peu visqueuse mais pas trop.

SURFACE : Bois brut

J’ai essayé sur du plexi et du verre mais le papier fait des plis et se déchire rapidement. Avec du bois traité, la teinte est absorbée par la feuille ce qui donne des traces jaunâtres du plus bel effet. Le bois brut est idéal.

BROSSES : Paibi en chinois ou Hake en japonais

Ce sont des brosses de marouflage qui permettent d’étaler la colle de façon délicate et lors de la dernière étape de lisser le papier. Les poils sont courts et la brosse est large. Des spalters devraient aussi être efficaces.

PAPIER : Whenzou

L’avantage de ce papier est qu’il est en rouleau ce qui permet de le positionner sur la peinture en le déroulant (grâce à un tube en carton comme ceux des papiers cadeaux) doucement. J’utilise son côté rugueux vers la peinture pour mieux coller et son côté lisse vers l’extérieur pour mieux le lisser avec le Paibi.

Peinture séchant après le marouflage